Le Luxembourg affiche le 2ème salaire annuel moyen le plus élevé au monde avec 65.449 USD en 2018

Au dernier classement des salaires annuels moyens des pays de l’OCDE effectué en juillet 2020, le Luxembourg se distingue en 2ème position avec 65.449 USD en 2018, juste après l’Islande (66.504 USD) et avant la Suisse (64.109 USD), les États-Unis (63.093 USD) et le Danemark (55.253 USD). Cette prospérité incontestable dissimule toutefois plusieurs disparités. 

Si l’on ne prend en compte que les pays de l’Union Européenne, le Luxembourg se situe loin devant ses voisins belges (8ème position avec 52.080 USD), allemands (11ème rang avec 49.913 USD) et français (15ème place avec 44.510 USD).

Selon Serge Allegrezza, docteur en sciences économiques appliquées et directeur du STATEC, "au Luxembourg, le salaire moyen est notamment tiré vers le haut par le secteur financier, où la valeur ajoutée créée par salarié est particulièrement élevée. Les acteurs du secteur financier, dès lors, sont en mesure de redistribuer plus facilement la richesse créée à travers les rémunérations".

Autre facteur non négligeable : l’indexation biennale du salaire minimum social luxembourgeois sur l’évolution des prix et du salaire moyen qui lui permet aujourd’hui d’être l’un des plus élevé en Europe alors qu’il était, en 1985, inférieur au salaire minimum belge et comparable au salaire minimum français, d’après la Fondation Idea.

L’attractivité du Luxembourg en termes de rémunération s’explique en outre par la nécessité pour les entreprises de maintenir leur niveau de croissance en faisant appel à des travailleurs étrangers, qu’ils soient frontaliers ou expatriés. Leur décision de venir s’installer au Grand-Duché ou à proximité tient en grande partie des salaires convaincants proposés.  

Toutefois, si son salaire annuel moyen élevé est un facteur d’attractivité certain pour le Luxembourg, il cache de nombreuses disparités suivant la branche d’activité dans laquelle le salarié évolue, de son niveau d’étude, de la place qu’il occupe dans la hiérarchie, de son âge et de son ancienneté, ou encore du genre.

Ainsi, le STATEC indique que malgré son niveau élevé, le salaire moyen luxembourgeois stagne depuis 2015, Luxembourg rencontrant depuis quelques années des problèmes de productivité qui croît plus lentement qu’ailleurs. Les hausses de salaire qui ont suivi sont par conséquent principalement liées à l’indexation automatique des salaires et à la situation du marché du travail.

Par ailleurs, de manière générale, on constate que les salaires varient fortement selon les secteurs, le salaire annuel moyen le plus élevé pour un équivalent temps plein observé étant celui du secteur des activités financières et d’assurance, suivi par l’enseignement, les activités spécialisées, scientifiques et techniques et l’administration publique. A contrario, les secteurs présentant les salaires annuels moyens les plus faibles sont l’horeca, les activités de services administratifs et de soutien, la construction et le commerce. 

Ces écarts de salaire par branche d’activité sont en grande partie liés aux différences de niveaux de qualification exigés par chacune d’elles et aux différences de valeur ajoutée créée selon les secteurs, sans oublier le fossé creusé par le degré d’ancienneté des salariés.

Au niveau de l’égalité des genres, le Luxembourg est particulièrement bon élève grâce aux évolutions permettant aux femmes de s’investir davantage dans leur carrière professionnelle. Selon la dernière étude de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE), l’écart salarial entre les hommes et les femmes est de 5,5% quand la moyenne européenne est de 16%.

Enfin et pas des moindres, les disparités salariales évoquées et mises en relation avec le coût de la vie ont tendance à exposer certaines personnes à un risque de pauvreté accru. Selon le STATEC, en 2018, après la déduction des impôts, le revenu disponible médian par ménage n’est que de 5.028 euros par mois quand 4.215 euros sont nécessaires chaque mois pour vivre décemment au Luxembourg pour une famille avec deux enfants. Or en 2018, au Luxembourg, 18,3% des individus, soit 105.620 personnes, étaient en situation de risque de pauvreté avec un niveau de vie inférieur à 2.013 euros par mois, montant qui correspond au seuil de pauvreté aujourd’hui défini. 

Les transferts sociaux vers les ménages (compensation vieillesse, maladie, chômage, etc.) restent un outil efficace pour réduire le risque de pauvreté mais si le niveau de vie du Luxembourg est le plus élevé en Europe, son taux de risque de pauvreté de 18,7% dépasse la moyenne de l’UE de 16,9%.

Source :
Paperjam, "Heureux comme un salarié au Grand-Duché", 28 juillet 2020

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